
Dans cette nouvelle œuvre, Marine Bonzom poursuit son dialogue intime avec les forces telluriques qui habitent sa création depuis deux décennies. Composée principalement de pigments naturels dont la chrysocolle, le mica et la malachite, cette toile révèle une alchimie particulière entre les pigments naturels et la lumière environnante.
La chrysocolle, ce minéral aux tons bleu-vert profonds, devient ici le protagoniste d’une symphonie chromatique où s’entremêlent les verts tendres de la malachite et les reflets nacrés du mica. Ces pigments, extraits de la terre elle-même, portent en eux la mémoire géologique de millénaires d’évolution minérale.
Ce qui distingue cette création réside dans sa capacité à évoluer au rythme de la lumière. Comme un organisme vivant, l’œuvre se transforme selon les heures du jour, révélant tantôt des profondeurs brunes azur mystérieuses, tantôt des éclats verdoyants lumineux. Le mica, par ses propriétés réfléchissantes naturelles, agit tel un prisme subtil, captant et redistribuant la lumière dans un jeu perpétuel de révélations.
Les textures, travaillées dans cette approche intuitive qui caractérise la démarche de l’artiste, créent un paysage abstrait où l’on devine les mouvements tectoniques, les sédimentations lentes, les cristallisations patientes. Telle une cartographie de l’invisible, un témoignage des énergies souterraines qui façonnent notre monde.
Cette œuvre s’inscrit parfaitement dans la quête artistique de Marine Bonzom : celle de révéler l’âme des matières premières, de leur permettre d’exprimer leur essence profonde au-delà de leur simple apparence. Chaque regard porté sur cette toile devient une découverte, chaque moment de contemplation révèle de nouvelles nuances, de nouvelles profondeurs.
Une œuvre qui vit, respire et dialogue avec son environnement, fidèle à cette recherche de l’ailleurs qui anime le travail de Marine Bonzom.